Dans un tribunal de Beyrouth, un garçon de 12 ans, Zain, se retrouve face à un juge qui lui demande pourquoi il a porté plainte contre ses parents. Zain répond simplement : « Pour m’avoir donné la vie. » Ce point de départ dérangeant et percutant ouvre le film Capharnaüm, une histoire qui suit les errances d’un enfant marginalisé dans un environnement social et familial dévasté par la pauvreté, la violence et l’absence de protection. L’enjeu est de comprendre comment un enfant peut se retrouver en lutte contre ses propres parents, et quelles sont les racines de cette situation dans un système qui semble l’abandonner.
Ce drame, tourné en 2018, s’inscrit dans une tradition de cinéma social qui dénonce les inégalités et les failles de la société. L’ambiance est sombre, réaliste et parfois insoutenable, reflétant la dureté de la vie dans les rues de Beyrouth. Le ton est sobre, mais percutant, et le récit se construit à partir de situations brutales et de dialogues percutants, qui mettent en lumière la vulnérabilité des enfants les plus exposés.
Réalisé par Nadine Labaki, ce film est marqué par une direction de jeu remarquable, notamment celle de Zain Al Rafeea, qui incarne le personnage principal avec une force et une authenticité déconcertantes. Le casting, composé de comédiens locaux et internationaux, apporte une dimension humaine et universelle à cette histoire.
Capharnaüm s’inscrit dans la lignée des films qui dénoncent les injustices sociales, comme La Haine ou La Promesse. Il s’adresse à un public sensible aux enjeux sociaux et humains, capables de suivre un récit sans concession sur la condition des enfants marginalisés.
